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Sokhna Benga : une écrivaine du monde des affaires
Lundi 11/10/2010 | Posté par Mamadou Sane
Sa vie pourrait bien se résumer à ses œuvres littéraires qui lui ont valu beaucoup de distinctions dont le Grand Prix du président de la République pour les Lettres, en 2000. Mais Sokhna Benga c’est également cette femme qui baigne dans le monde des affaires en tant qu’administrateur des Affaires maritimes. Portrait.
Entre Sokhna Benga et la mer, c’est une longue histoire. Elle doit tout à cette vaste étendue d’eau, source d’inspiration permanente pour ses œuvres littéraires. Dix-huit au total (dont sept pour enfants) publiés jusqu’ici. Elle ne conçoit pas sa vie sans elle.La mer, elle l’observe également tous les jours du bureau qu’elle occupe à l’Agence nationale des affaires maritimes. Depuis 2006, elle est administrateur des Affaires maritimes, chef de la circonscription maritime de Dakar et chef du service des Affaires juridiques et de la Coopération. Juriste de formation, cette dame née le 12 décembre 1967 à Dakar, trouve «un link» entre le monde des affaires et le monde de la littérature. Même si elle n’a pas publié d’ouvrage depuis dix ans, Sokhna Benga ne reste pas sans écrire et faire des recherches minutieusement. Pour elle, «il est inconcevable d’écrire sur la société sénégalaise sans pour autant savoir ce qui la fonde». Inconcevable serait également qu’elle se consacre à la lecture ou à l’écrire, les dimanches, chez elle. Seul jour de la semaine lors duquel elle a son «droit à la paresse». Dans son salon au décor assez sobre, Sokhna s’efforce de remplir sa petite bibliothèque d’ouvrages. Depuis l’âge de dix ans, elle est devenue une grande collectionneuse de livres. Mais ce petit trésor est souvent «pillé» par certains lecteurs. «J’avais plus de 3 500 titres, mais avec ceux qui vous empruntent et qui ne rendent pas, la collection s’est un peu dégarnie», explique-t-elle.
La passion du journalisme en herbe
Pourtant, rien ne prédestinait cette femme au monde des livres. Une écrivaine au sourire permanent, très à l’aise dans sa tenue traditionnelle, au regard évasif dans l’expression et qu’on confondrait avec n’importe quelle autre femme sénégalaise de par sa simplicité. «J’avoue que ce n’était pas du tout ma tasse de thé», révèle-t-elle. Depuis sa plus tendre enfance, Sokhna est passionnée de journalisme, une profession qu’elle a toujours souhaité exercer. A l’école primaire déjà, elle se considérait comme «grand reporter». Jamais elle ne se lassait d’aller sur le terrain, de collecter et de venir rendre compte de son travail en classe. Toujours animée de curiosité, d’envie de découvrir et d’être à l’écoute des autres. Le concours d’entrée au Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (Cesti) la tente alors. Mais des circonstances qu’elle n’explique pas feront qu’elle finit par abandonner cette piste..
C’est finalement le Droit qu’elle embrassera après son Baccalauréat à la Faculté des Sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une institution qu’elle partagera, à l’époque, avec Souleymane Ndéné Ndiaye, l’actuel Premier ministre, Abdoulaye Baldé, (ministre d’Etat, ministre des Mines) qui lui collait le sobriquet de «Mascotte». Partout où elle est passée, l’écrivaine a su s’entourer d’un cercle d’amis.
Une bourse étrangère lui donne l’opportunité d’aller en France et se spécialiser en Droit maritime. Mais elle n’est pas très enthousiasmée pour autant. Il a fallu qu’elle soit convaincue avant d’aller poursuivre ses études à Brest. Son Diplôme d’études supérieures spécialisées (Dess) en Droit maritime en poche, Sokhna rentre à Dakar et renoue avec le monde des Lettres, en devenant directrice des Nouvelles éditions africaine du Sénégal (Neas) en 2003. Trois ans auparavant, elle reçoit le Grand Prix du président de la République pour les Lettres, pour son roman «La balade du sabador». Cette haute distinction s’ajoute à tant d’autres obtenues aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger.
Traditionaliste apolitique
Chez les Mbengue, le respect scrupuleux de la tradition (léboue) et des principes religieux est de mise. Même si les enfants étaient dorlotés par une mère très attentionnée. «Je suis très carrée là-dessus, j’accomplis les cinq prières quotidiennes, car je suis d’une famille fondée sur des principes», avance-t-elle. Très attachée à son entourage, Sokhna Benga, peut discuter des heures durant des merveilleux moments passés avec ses frères et sœurs.
«Ja woman»
Passionnée de sport, en général, et de football, en particulier, Sokhna Benga reste nostalgique de la grande époque de la Jeanne d’arc de Dakar dont elle est fan depuis l’âge de 11 ans. «Femme d’action» comme elle se définit, elle a toujours préféré aller assister aux matches au stade plutôt que de rester devant le téléviseur. Elle aime aussi écouter de la musique jazz. «Le Cinquième Elément» du réalisateur français Luc Besson, sorti en 1997, reste son film préféré. Les fonctions qu’elle occupe à la direction de la Marine marchande de Dakar n’enlèvent en rien sa passion permanente pour la littérature. Dans son emploi du temps déjà chargé, elle trouve toujours un intervalle durant lequel elle se consacre à l’écriture. Une passion, partie intégrante de sa vie de tous les jours.
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Par Anonyme