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Sur les traces des «Fils du Caméléon»
Mardi 19/01/2010 | Posté par Maguette SEYE
Ils sont très peu connus des autres Sénégalais. Ils restent aussi ceux qui ont résisté à l’acculturation et qui ont également résisté à l’islamisation et à la christianisation. Leur région est encore difficile d’accès.
La modernité semble avoir donné un sacré coup aux cultures africaines. Mais les Bassari, eux,sont de ceux qui tentent encore de résister et de préserver leurs traditions. Chez eux, on se fait un devoir de perpétuer les us et coutumes à travers l’organisation, par exemple, d’une journée culturelle. Même si elle a lieu sur fond de musique moderne.
Elle se déroule chaque année, au cours de la dernière semaine de Mai. C’était le cas le samedi 30 Mai, à Salémata, à 80km de Kédougou. De tels moments de retrouvailles permettent ainsi à cette communauté de revisiter leur histoire encore méconnue du grand public.
Pour comprendre l’histoire de ce peuple, il faut remonter à l’éclatement de l’ancien empire du Mali, en 1235, selon le président de l’association, Pierre Nyanga. «C’est alors que beaucoup ont migré vers le sud, notamment à Mali en terre guinéenne et vers le sud-est du Sénégal. Actuellement, la plupart des Bassaris sont localisés en Guinée», selon M. Nyanga. «Ils sont apparentés à une ethnie appelée Bassa, originaire du Togo. Ils sont passés par la Guinée pour s’établir au sud-est du Sénégal», selon une autre version livrée par Urbain Donda, un autre membre de cette association. «Cette population fut dispersée dans le temps, du fait de la guerre, notamment celle que leur ont menée les Peulhs, avec Alpha Yaya qui voulait les islamiser» indique-t-il.
Elle se déroule chaque année, au cours de la dernière semaine de Mai. C’était le cas le samedi 30 Mai, à Salémata, à 80km de Kédougou. De tels moments de retrouvailles permettent ainsi à cette communauté de revisiter leur histoire encore méconnue du grand public.
Pour comprendre l’histoire de ce peuple, il faut remonter à l’éclatement de l’ancien empire du Mali, en 1235, selon le président de l’association, Pierre Nyanga. «C’est alors que beaucoup ont migré vers le sud, notamment à Mali en terre guinéenne et vers le sud-est du Sénégal. Actuellement, la plupart des Bassaris sont localisés en Guinée», selon M. Nyanga. «Ils sont apparentés à une ethnie appelée Bassa, originaire du Togo. Ils sont passés par la Guinée pour s’établir au sud-est du Sénégal», selon une autre version livrée par Urbain Donda, un autre membre de cette association. «Cette population fut dispersée dans le temps, du fait de la guerre, notamment celle que leur ont menée les Peulhs, avec Alpha Yaya qui voulait les islamiser» indique-t-il.
Apparemment, cela a créé beaucoup de perturbations chez les Bassaris. «Quelque temps après, une famille qui s’était retirée à Oubadji est venue s’installer sur la colline de l’actuel village d’Ethiolo, à l’est de Gnissara après le départ des Peulhs. C’est ainsi que, petit à petit, le peuplement s’est effectué dans un autre village appelé Anné», ajoute M. Donda. Oubadji, Ethiolo, Gnissara sont les localités où l’on peut retrouver ceux qui seraient au nombre de 20.000, à en croire les dires des personnes interrogées à Salémata.
Chez les Bassaris, la société est structurée par tranches d’âge. Ceux qui ont 25 ans et plus sont appelés Odian, tandis que ceux qui ont 23 ans révolus sont des Opolock, et ceux de moins de 18, des Oudok. Il faut avoir quinze ans et être circoncis, chez les hommes, pour passer d’une classe d’âge à une autre. «L’initiation est un moment charnière chez nous. Elle intervient vers l’âge de 15 ans», explique un Bassari habitant, Benoît Boubane. «C’est l’occasion de grosses dépenses, et c’est un passage qui permet au garçon de passer de l’enfance à l’adolescence».
Le circoncis est fêté entre le samedi et le dimanche. Le premier jour est réservé à l’accueil des invités et aux danses en brousse. Tandis que le second est beaucoup plus important. C’est celui ou a lieu le combat avec les masques. «Chaque initié s’affronte en brousse avec deux de ces dernières. S’il ne réussit pas l’épreuve, il attendra l’année suivante pour passer à un autre statut».
Chez les Bassaris, la société est structurée par tranches d’âge. Ceux qui ont 25 ans et plus sont appelés Odian, tandis que ceux qui ont 23 ans révolus sont des Opolock, et ceux de moins de 18, des Oudok. Il faut avoir quinze ans et être circoncis, chez les hommes, pour passer d’une classe d’âge à une autre. «L’initiation est un moment charnière chez nous. Elle intervient vers l’âge de 15 ans», explique un Bassari habitant, Benoît Boubane. «C’est l’occasion de grosses dépenses, et c’est un passage qui permet au garçon de passer de l’enfance à l’adolescence».
Le circoncis est fêté entre le samedi et le dimanche. Le premier jour est réservé à l’accueil des invités et aux danses en brousse. Tandis que le second est beaucoup plus important. C’est celui ou a lieu le combat avec les masques. «Chaque initié s’affronte en brousse avec deux de ces dernières. S’il ne réussit pas l’épreuve, il attendra l’année suivante pour passer à un autre statut».
Après ce moment, les initiés retournent au village où des cadeaux – des chèvres, pour la plupart - leur sont offerts par leurs parents. «Ensuite, ils vont visiter le grand fétiche Ebarack et faire le tour des villages, et y passer au moins deux jours», confie notre interlocuteur. «En outre, ils iront séjourner dans la forêt pour une semaine, voire deux ; mais seuls ceux qui les surveillent et les hommes les verront. Aucune femme ne sera autorisée à le faire, sous aucun prétexte».
Les Bassaris sont, du reste, très attachés aux croyances et aux mythes. «Spirituellement, ils vont retrouver leur conscience après deux mois. Durant cette période, l’esprit tutélaire du Caméléon veille sur eux», argumente Benoit Boubane. Les circoncis de cette année (mai 2009) ne termineront définitivement cette épreuve que l’année prochaine, à la même date. Le mariage est également un moment très important. Il est célébré après un accord entre les deux familles, comme chez la plupart des ethnies du Sénégal. On peut également le faire par consentement mutuel des amoureux. Le plus souvent, ces derniers se connaissent à Anbofor, un lieu où l’on regroupe garçons et filles pour leur éducation. « Une fois que tout a été arrangé entre eux ou entre familles, celle du garçon ira rencontrer, dans un premier temps, les parents de la jeune fille », note Rosalie Diouf, dont la mère est bassari. Et Benoit Boubane d’ajouter : «Le garçon offre de la cola et du sel à la belle-famille. En outre, la dot est composée de chèvres, dont on convient du nombre. Les festivités sont appelées Ecama».
Dans cette communauté, «il n’y a pas de baptêmes» confie M. Boubane. Mais il précise que «cette pratique existe chez les bassari chrétiens ou musulmans». Toutefois, ils ont un nom qui leur est typique. «Chez les garçons, le premier porte celui de Thiara. Les autres, suivant l’ordre de naissance, sont appelés Tama, Kali, Endega, Yera, Pata», renseigne-t-il. «Chez les filles, les noms sont, respectivement, Thiera, Kama, Pena, Taki, Niari, Metenang», ajoute-t-il.
Les Bassaris sont, du reste, très attachés aux croyances et aux mythes. «Spirituellement, ils vont retrouver leur conscience après deux mois. Durant cette période, l’esprit tutélaire du Caméléon veille sur eux», argumente Benoit Boubane. Les circoncis de cette année (mai 2009) ne termineront définitivement cette épreuve que l’année prochaine, à la même date. Le mariage est également un moment très important. Il est célébré après un accord entre les deux familles, comme chez la plupart des ethnies du Sénégal. On peut également le faire par consentement mutuel des amoureux. Le plus souvent, ces derniers se connaissent à Anbofor, un lieu où l’on regroupe garçons et filles pour leur éducation. « Une fois que tout a été arrangé entre eux ou entre familles, celle du garçon ira rencontrer, dans un premier temps, les parents de la jeune fille », note Rosalie Diouf, dont la mère est bassari. Et Benoit Boubane d’ajouter : «Le garçon offre de la cola et du sel à la belle-famille. En outre, la dot est composée de chèvres, dont on convient du nombre. Les festivités sont appelées Ecama».
Dans cette communauté, «il n’y a pas de baptêmes» confie M. Boubane. Mais il précise que «cette pratique existe chez les bassari chrétiens ou musulmans». Toutefois, ils ont un nom qui leur est typique. «Chez les garçons, le premier porte celui de Thiara. Les autres, suivant l’ordre de naissance, sont appelés Tama, Kali, Endega, Yera, Pata», renseigne-t-il. «Chez les filles, les noms sont, respectivement, Thiera, Kama, Pena, Taki, Niari, Metenang», ajoute-t-il.
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Par MG