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Tandja, le baobab de Niamey s’affesse

Mardi 23/02/2010 | Posté par Papa Keita

Le président Nigérien Mamadou Tandja a été déposé par l'armée le 18 février dernier. Son aveuglement et sa soif inextinguible de pouvoir ont fini par avoir raison de lui.

Alors que le Niger croyait exorciser le spectre des coups d’Etat et des coups d’éclats de son armée, voila qu’il rechute de la plus belle manière. Ceci, après une décennie d’accalmie marquée par une démocratie exemplaire sous la houlette de Mamadou Tandja, élu démocratiquement en 99.

Mais à la surprise générale, voila que ce dernier imbu de pouvoir, guidé par une soif inextinguible de garder son fauteuil, en dépit des règles du jeu, a plongé son pays dans une crise institutionnelle. Ouvrant la voie à l'armée le soin de jouer les régulatrices du jeu politique. Le scénario est maintenant connu des Africains. Et n’émeut personne maintenant.  
Désormais, à chaque fois que les politiques sont incapables de s’entendre sur des schémas, c’est la grande muette qui sort de sa torpeur, pour remettre les pendules à l’heure comme une horloge suisse.
Tandja, comme la plupart des chefs d’Etat africains a été victime du syndrome Mugabe. S’incruster au pouvoir à l’instar d’une huitre à son rocher, tel était sa méthode. Il était devenu sourd aux avertissements, aveugle au vide qui se créait autour de lui. Hélas, il n’a pas retenu la leçon : il faut savoir quitter à temps.
Son mandat finissant en décembre dernier, il s’est permis contre la volonté populaire, de faire une rallonge de trois ans. Pour dit-il terminer ses chantiers pharaoniques. Et pourtant, il était parti pour sortir par la grande porte. A l’image d’un Mandela ou de son frère d’arme Ould Vall. La maestria avec laquelle il avait tenu tête Sarkozy, sur la question de l’uranium a augmenté un temps soit peu sa cote de popularité auprès de ses concitoyens. Mais ce n’était pas suffisamment !
Son entêtement et ses dérives ont fini par l’emporter tristement. Ainsi, il rejoint Le cercle élargi des chefs de village qui peuplent le continent et dont nous avons du mal à nous débarrasser. Par des voies démocratiques. Ce coup d’Etat même s’il parait surprenant, on le sentait quelque part venir.
Ce qui m’a le plus frappé dans ce putsch, c’est la ferveur avec laquelle, il a été accueilli à Niamey. Aucune résistance n’a été opposée aux putschistes et la population semble pousser un ouf de soulagement après le coup de force du Colonel Djibrilla Hima Hamidou. Même si les condamnations ont plu un peu partout, la communauté internationale, s'est, en quelques sorte débarrassée d’un interlocuteur encombrant et inflexible.
Certes, il ne s’agit pas de bénir les coups d’Etat, mais force est de constater, qu'en avoir quelque fois recours est parfois louable. Mais aussi, il ne faut pas qu’on se fasse d’illusions, les sauveurs d’aujourd’hui, peuvent être les pourfendeurs de demain.
Rappelons seulement au passage, qu’il y a quelques mois de cela, quelqu’un est venu au Ghana nous dire à nous Africains : que l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes.
Alors Nigériens restez vigilants !

Papa Keita -