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Toutes les femmes derrière !
Jeudi 17/12/2009 | Posté par Ousmane Diop
Cela fait partie de la pléthore de pratiques auxquelles les Sénégalais sont habitués depuis belle lurette, mais nombreux sont ceux qui connaissent leur raison d’être.
Pourquoi les femmes ne peuvent pas s’asseoir devant dans les transports en commun? À quoi sert la chaussure qui est attachée au-dessus des têtes des clients dans les cars rapides?
Voilà entre autres, tout un arsenal de pratiques auxquelles nous assistons au quotidien. Ainsi, pour en savoir davantage, nous nous sommes rendus à la gare routière de Petersen. En cette chaude matinée de mercredi, le lieu est comme à son habitude bondé de clients et de cars «Ndiaga Ndiaye». Et quand les appels incessants des marchands ambulants et le bruit des «cars rapides» s’invitent au débat, c’est un brouhaha indescriptible auquel nous assistons.
Voilà entre autres, tout un arsenal de pratiques auxquelles nous assistons au quotidien. Ainsi, pour en savoir davantage, nous nous sommes rendus à la gare routière de Petersen. En cette chaude matinée de mercredi, le lieu est comme à son habitude bondé de clients et de cars «Ndiaga Ndiaye». Et quand les appels incessants des marchands ambulants et le bruit des «cars rapides» s’invitent au débat, c’est un brouhaha indescriptible auquel nous assistons.
Assis tranquillement dans son car, Moussa Diouf, la trentaine dépassée exerce le métier de chauffeur depuis des années. Vêtu d’un tee-shirt et d’un pantalon Kaki, il déclare qu’il n’y a aucun tabou sur le fait que les femmes soient toujours derrière dans les transports en commun. «Elles ne peuvent pas s’asseoir devant parce qu’elles paniquent trop vite. Elles peuvent s’agripper sur le chauffeur lorsqu’elles voient quelque chose qui les font peur et cela peut causer un accident», déclare-t-il sans détours.
À quelques mètres de là, trois autres chauffeurs installés confortablement dans un car sont en train de discuter du combat de dimanche dernier qui opposait Balla Bèye 2 à Lac de Guiers 2. Comme Moussa Diouf, ils sont tous d’avis qu’une femme n’a pas sa place devant. Et pour Balla Diouf, l’un d’eux, «ce n’est pas une coutume, parce que si c’était le cas, une femme n’allait jamais conduire une voiture». Et s’agissant des écrits et des photos, il soutient que c’est juste un style. «J’ai mis une Photo de Sérigne Touba, mais si j’étais un catholique, je pourrais mettre la Vierge Marie ou quelque chose d’autre, dit-il. On écrit aussi des choses pour montrer notre appartenance», finit-il d’ajouter.
Et concernant la chaussure qui est souvent attachée dans les cars, Mor Dieng, assis à côté de lui et les pieds posés sur le tableau de bord lâche: «c’est bon d’attacher une chaussure droite dans une voiture. Tous les anciens chauffeurs le font car cela préserve contre le mauvais sort». Mais il s’empresse d’ajouter qu’ «il faut nécessairement qu’elle soit oubliée dans le car, mais on ne doit pas l’acheter».
Après Petersen, nous voilà à Pompiers, un autre grand garage de Dakar. Arone Boye est chauffeur de «7 places» depuis une douzaine d’années. Pour lui, toutes ces pratiques ne sont que des superstitions, comme en compte des milliers au Sénégal. «Je ne fais pas toutes ces choses, et le fait qu’une femme soit devant ne me gêne pas», déclare-t-il. Et il ne manque pas de lancer quelques moqueries. «Ce ne sont que des foutaises. Il y a des femmes plus costauds que beaucoup d’hommes», lâche-t-il avec un brin d’humour. Cependant, Bouba Ndiaye, un autre chauffeur, n’est pas de son avis. Et il a ses raisons. «Même lorsque je voyage avec ma femme, elle reste toujours derrière. Une fois, je quittais Kaolack pour venir à Dakar, et une femme était à mes côtés. Arrivé à Kaba, j’ai percuté une vache qui traversait la route. Mais la dame s’est agrippée sur moi, et n’eût été l’aide d’un client qui était derrière et qui l’a giflée pour qu’elle me lâche, le pire pourrait se produire. Et depuis lors, j’ai retenu la leçon», conclut-il.
Nous comprenons alors pourquoi les femmes sont toujours persona non grata pour les places de devant dans les transports en commun. Et à force de subir cette situation, certaines ont fini par s’y habituer, comme cette dame d’une trentaine d’années qui affirme qu’elle ne s’assoit jamais devant. «J’ai peur d’être devant et je ne le fais jamais», a-t-elle soutenu. Histoire de dire qu’à chaque contrée du monde, ses coutumes et ses croyances.
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Par Anonyme