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Un livre confession

Mardi 19/10/2010 | Posté par Papa Keita

De passage à Dakar, Simone Ehivet Gbagbo en a profité pour dédicacer son livre «Paroles d’honneur». Une occasion pour elle de partager avec le lecteur les terribles moments qui ont charrié la crise ivoirienne. Sans langue de bois, elle dit tout. Presque. Ses moments de douleurs, comme de joie.

Opposante de poigne pendant les années de braises, première dame depuis 2000, historienne, chercheuse, Simone Evhivet Gbagbo aime drainer les casquettes comme on enfilerait des perles. Avec son ouvrage «Paroles d’honneur», elle vient d’ajouter une autre corde à son arc déjà garni. Celle d’écrivaine.

Et pourtant, la première dame de la République ivoirienne fait remarquer benoitement à l’assistance venue à la cérémonie de dédicace de son livre, qu’elle ne se sent pas dans la peau d’un écrivain. Son domaine de prédilection fétiche confie-t-elle, c’est les joutes oratoires. Un domaine dans lequel elle excelle.

«Je ne me représente pas dans la peau d’un écrivain», frime-t-elle. «Je suis plutôt à l’aise dans les débats contradictoires, dans la démonstration, dans l’explicitation», poursuit-elle.

Pour Simone Gbagbo, quant un écrivain trempe sa plume dans l’encre, c’est parce qu’il a quelque chose à dire. Quelque chose de spécial, qui ne relève pas de l’ordinaire où de la vie prosaïque. Et cette chose spéciale, elle, Simone Ehivet, l’a découverte dans le conflit qui a miné son pays pendant une décennie.

C’est au détour d’une tragédie survenue dans un village d’une centaine d’habitants dans l’Ouest de la Côte-d’Ivoire nommé Guitrizon, qu’est venu le déclic de l’ouvrage. Dans ce village raconte Simone Gbagbo, des rebelles armés jusqu’aux dents ont fait irruption ôtant la vie à tous ceux qui vivaient dans cette bourgade. Et comble de malheur, une dame qui venait tout juste de mettre un enfant au monde a été rudoyée, violée avant d’être sauvagement égorgée par les assaillants. Elle et son bébé.

Devant une telle stupeur, elle a dit-elle décidé de rompre le silence pour dénoncer cette barbarie injustifiée et aveugle. «Ce livre est un coup de massue contre tous les imposteurs qui ont profité de la crise pour détruire l’image de la Côte-d’Ivoire à l’extérieur», martèle-t-elle devant une forêt de caméra et de cliquetis des photographes qui immortalisaient chacun de ses gestes. Ce livre persiste-t-elle, est une sorte de dénonciation à l’endroit des «méchants» qui ont semé les graines de la division.

Selon elle, «Paroles d’honneur» a été tout de même un antidote. A l’instar d’un exutoire, elle lui a permis d’absoudre tous les mauvais sentiments accumulés durant tout le conflit ivoirien. Raison pour laquelle elle a soutenu avoir rédigé l’ouvrage avec beaucoup de gaieté et une joie inassouvie. «Cet ouvrage, je l’ai écrit avec une joie indescriptible. Il m’a guéri du mauvais sort», analyse-t-elle. 

Papa Keita -