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Un trajet qui fatigue
Mardi 02/12/2008 | Posté par Amara Soumah
Tableau du calvaire biquotidien d'un étudiant guinéen qui apprend douloureusement, dans les transports en commun dakarois, le sens de l'adage "Home Sweet Home"
« Six ! Six ! Six ! », c’est le cri des apprentis des cars dits rapides (peut être par ironie) de Dakar, pendant qu'un nombre important de personnes attend avec impatience des cars pour le quartier de Castor, comme si tous les habitants de Grand Yoff s'y sont donné rendez-vous. En fait, ces cars rapides sont pour moi le dernier recours après avoir attendu plusieurs minutes les bus Dakar Dem Dik ou les Tata qui sont toujours remplis à craquer.
Fatigué d'être suspendu à ces bus jusqu'à l'université, je suis obligé, chaque matin, d'attendre, comme tout le monde, l'arrivée d'un car rapide partant à Castor. A l'arrêt du premier, la bataille est engagée, personne ne veut rester derrière (imaginez la scène).
Arrivé à Castor, c'est le tour des Ndiaga Ndiaye qui ne bougent que lorsqu'ils sont remplis, donc encore du temps à perdre. En plus, ces derniers s'arrêtent à presque 500m du Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI). Ce qui fait que je suis toujours en retard aux cours !
A Conakry, j'aurai eu moins de problèmes en étant aussi matinal que je le suis maintenant à Dakar. Non seulement j'aurai pu avoir une place assise, que ça soit dans un "Magbana" (équivalent du car rapide et du Ndiaga Ndiaye) ou dans un taxi qui est à la porté de tout le monde (100 Francs Cfa par tronçon – environ 0,15 euros) contrairement à Dakar où, de Grand Yoff à l'Université, le trajet en taxi coûte entre 1500 Francs Cfa (2,20 euros) et 2000 Francs Cfa (3 euros) selon l’humeur du chauffeur concerné.
Tous ces problèmes découlent également du fait qu'un étudiant étranger n'a accès aux chambres du campus que lorsqu'il paie 250 000 Francs Cfa (380 euros). Cela, à un moment où l'on parle des Etats-Unis d'Afrique.
Amara Soumah
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Réactions des internautes
Dimanche 10 Mai 2009, 11:43
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Enfin!
quelqu'un se décide à en parler! C'est pas possible qu'on nous parle de Teranga dans un pays où on se sent le plus marginalisé, rabaissé et surtout arnaqué à chaque fois que l'occasion se présente. Je suis au sénégal depuis bientôt 4 ans pour des raisons d'études et il ne se passe pas un jour sans que je ne me demande si c'est bien là la fameuse <<terre de la teranga>>. De grâce, il y'a des milliers de jeunes étudiants africains au Sénégal et c'est à peine si une centaine est logé dans les cités universitaires. Intégration Africaine vous-dites?Répondre -