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Une nuit à Ouagadougou
Vendredi 05/12/2008 | Posté par Awa Seydou Traore
Au Burkina Faso pour participer aux Universités Africaines de la Communication, Awa Seydou Traore, découvre aussi Ouagadougou pour la première fois
Lors de notre séjour au Burkina Faso, aussi appelé « Le pays des hommes intègres », en marge des 5e Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou, (UACO) qui se tient du 2 au 5 de ce mois, j’ai parcouru l’avenue Nkwame Nkrumah située en plein centre ville de la capitale Burkinabé. Accompagnée de deux de mes collègues, en quête d’un restaurant, je me suis rendue à Faso Loisirs sur la même avenue vers 21 heures. En attente du service, nous avons pris du plaisir à témoigner de nos impressions sur cette ville vers laquelle convergent chaque jour les experts de la Communautés des Etats de l’Afrique de l’Ouest et de l’Union Economique et Monétaire de l’Ouest Africain.
L’air était pollué par une fumée, le climat chaud et sec. C’est dans cette ambiance que j’ai aperçu, derrière les vitres du restaurant, un enfant d’environ 13 ans, amaigri, portant une tenue déchirée. Il tend la main aux clients faisant savoir, désespérément, la voix basse, qu’il a faim. Pendant ce temps, les clients discutaient, se restauraient, riaient parfois, selon l’intérêt de leur conversation. D’autres se laissaient bercer par les sonorités musicales de Trace Tv, une chaine sur laquelle passait une interview de Akon, le chanteur Sénégalo-Américain. Après ces tentatives vaines, le mendiant affamé se fait chasser vigoureusement de l’autre coté de la voie routière par le gardien du lieu soucieux de sécuriser sa zone.
Quelques minutes plus tard, dans le même endroit, un homme d’une cinquantaine d’années, certainement un père de famille, fait son entrée dans la salle du restaurant. On lui a servi non pas du Dolo (la boisson locale) mais de la bière. Il paraissait soucieux, solitaire, perdu dans ses réflexions, il murmurait et souriait tout seul comme si il avait tous les fardeaux du monde sur ses épaules. Mes deux collègues choisissaient leur menu : du poulet grillé et des frites. Personnellement, mon regard et mon esprit étaient occupés par le sort du mendiant, la solitude du père de famille et la démarche indifférente d’un fou.
Un peu plus tard, dans la même soirée, j’ai aperçu un autre fou, presque dénudé, en train de fumer aux abords de la route alors que les automobilistes circulaient sans embouteillage. Ce décor habité par des gens dits normaux, la classe défavorisée en quête de survie et les malades de la société, sont un spectacle qui m’a donné la chair de poule durant la nuit.
Awa Seydou Traoré
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Par Anonyme