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Une peur bleue !
Jeudi 19/03/2009 | Posté par Aida Dia
Embarquée à bord d’un bus en mauvais état qui était chargé de l’amener à Tivaouane pour le Maouloud (célébration de la naissance du prophète, PSL), Aïda Dia a eu une terrible frayeur. Jusqu'à l’impression de voir venir la mort. Récit de 12h d’un voyage mouvementé
L'attente est longue, les plaintes se multiplient, mais on ne voit pas l'ombre d'un bus. C'est mal parti pour nous car nous allons devoir supporter les fastidieux embouteillages. Le convoi de notre responsable morale, fille d'un Khalife de la ville sainte de Tivaouane est déjà parti. Pourtant, dans le contrat de location que le président de notre dahira (association religieuse) a signé avec une agence de location de Dakar, il est bien stipulé que le chauffeur doit venir nous chercher à 14h. Mais, c'est apparemment ce que l’on appelle "l’heure sénégalaise", parce qu'il faut reconnaître qu'au Sénégal beaucoup ne se préoccupent guère du respect de l'heure des rendez-vous. Après maintes lamentations et menaces par téléphone auprès du gérant, le bus arrive enfin… vers 17h. Celui-ci est tellement vétuste que personne ne veut monter à bord. Les murmures et grognes des membres du dahira persistent : « Khour Dab » (comprenez trop trop mauvais). A l'intérieur, le bus est sale, huileux, rouillé, les sièges sont inconfortables et le toit est perforé. La plus drôle du groupe avertit : « Faites attention, vous pourriez avoir le tétanos avec cette voiture ». Faute d’alternative, nous embarquons a contrecoeur.
Le chauffeur conduit au ralenti. « Continue ainsi, nous allons arriver à Tivaouane demain matin », lancent certains passagers provocateurs. 17h30, nous quittons Scat Urbam pour arriver à Diamaguene (quartier périphérique) à 19h30 alors qu'en principe la durée de ce trajet est d'une heure de temps. Place maintenant aux mécaniciens qui se sont assigné la lourde tache de remettre sur les rails ce "vieux machin". Jusqu'au delà de 21h, ils s'activent encore. Las, ils reconnaissent que la voiture est dans un état piteux. Mais, un homme noir, l'air grave, exige du conducteur qu’il nous conduise quand même à destination. On reprend la route, au même rythme de tortue.
A Rufisque, les embouteillages deviennent serrés, le bus dévie alors du chemin principal pour s'aventurer dans les quartiers. Certainement de peur que le ralenti n’éteigne le moteur et que le "vieux machin" ne refuse de redémarrer. A côté de lui, un jeune, sans doute son apprenti, tentait de se servir d'une pierre pour lui permettre de ralentir. Quelques personnes ont à ce moment compris que la voiture n'avait plus de freins. On a alors prié le chauffeur de s'arrêter mais il a poursuivi son chemin jusqu'à l'irréparable. Sous les hurlements des membres du dahira, la voiture fonçait tout droit vers un monument. Le chauffeur avait perdu tout contrôle de sa carcasse. Les gens se trouvant aux alentours, parmi eux un gendarme, fuyaient à grandes enjambées. Le chauffeur, dans un ultime ressaisissement, démolit le pan du mur d'un habitant. Effarés, nous descendîmes illico presto du bus sans nous préoccuper de nos bagages.
Certains pleuraient, d'autres restaient bouche bée. Le choc était brutal ! Pendant un moment, le silence a pesé lourd. Les filles ayant retrouvé leurs esprits traitèrent le chauffeur de tous les noms d'oiseaux. « Irresponsable, tu savais que la voiture n'avait pas de freins, nous t'avons supplié d'arrêter mais tu voulais apparemment nous conduire à la mort », hurla l'une d'entre elles. Une autre rajouta : « Vas te faire f... Pas question de remonter dans ce fichu bus ! ». Assis sur des nattes, les commentaires allaient bon train sur l'état du véhicule, l'insouciance du chauffeur, la mort frôlée. Il faisait terriblement froid dehors, le temps était humide, mais on le préférait à l'intérieur du bus dans lequel le chauffeur ronflait tranquillement. Pendant deux heures nous sommes restés dehors. Les plus suspicieux, inspirés par les nombreux baobabs, évoquaient les mauvais esprits de la nuit. Vers les coups de 2h du matin, un autre bus affrété par nos parents, venait nous chercher. Il était 4h du matin quand on arrivait à Tivaouane. Pour un voyage d'une centaine de kilomètres environ, nous avons mis 12h de temps. Même ceux qui partaient aux USA seraient arrivés plus tôt que nous.
Nous n'étions cependant pas au bout de notre peine car les interminables files de fidèles voulant accéder aux mausolées nous attendaient. Il fallait faire la Ziarra (recueillement et prière) à tout prix ! C'était l'objet même de notre voyage.
Aïda Dia
Aida Dia -
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Réactions des internautes
Vendredi 20 Mars 2009, 14:56
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hérésie
tivaoune , touba,ndaissane ne sont pas des villes saintes. la seule ville sainte c'est la mecque. les sénégalais sont des fanatiques. arrêtez ces sénégalaeries. rester chez soi et prier vaut mille fois se déplacer dans une ville pour faire du tourisme. le maouloud sénégalais, c'est la culte de personnalité des marabouts.Répondre -
Samedi 21 Mars 2009, 08:17
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← Re: hérésie
je pense qu'on peut bien rester chez nous pour faire la prière du Gamou, mais il faut voir aussi que le Seigneur tout puissant a toujours préféré les prières en groupe. A Tivaoune, on prie pour le repos de l'ame des Khalifes déjà morts, on fait les zikrs salatoul fatiha, des prières pour le prophete et je pense que tu n'as pas à déniger ceux qui vont. Reste chez toi. Moi je suis près à supporter bien plus que ce qu'a supporté Aida. Ce ne sera certainement pas du fanatisme.Répondre -
Vendredi 20 Mars 2009, 14:59
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la prochaine fois, c'est la mort
vous risquez la prochaine fois de mourir, s'il ne vous n'arretez pas d'aller à tivaoune pour faire du tourisme.Répondre -
Vendredi 20 Mars 2009, 18:56
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On dirait le Salaire de la peur version caméra cachée tellement il y a eu accumulations de "gags" (heureusement qu'il n'y a eu aucun blessé cela dit)!J'ai bien ri en tout cas, j'imaginais tout à fait les différentes scènes que tu relates avec beaucoup d'humour (lol le gendarme qui comme les habitants s'enfuie "à toutes enjambées").
Mais bon, de la part du chauffeur, conduire sans frein c'est quand même plus qu'irresponsable....
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