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Voyager gratuitement en train, au prix de sa vie !
Mercredi 24/12/2008 | Posté par Abdoulaye Sinkare
Ce sont des jeunes, de nationalité sénégalaise ou malienne, et ils ont choisi de faire l’axe ferroviaire Dakar-Bamako pour faire du commerce. Pas étrange comme boulot ! Mais, la particularité de ces jeunes gens est qu’ils voyagent sans payer de billet de train et cela au péril de leur vie
Le procédé de ces commerçants est simple : ils se dispersent dans le train et se fondent dans la masse de passagers. Comme, ils connaissent bien les rouages du fonctionnement dans le train, certains d’entre eux se mettent à des endroits stratégiques pour pouvoir alerter le reste du groupe à chaque fois qu’il y a un contrôle des tickets. Ainsi, à chaque fois que l’alerte est donnée, ils s’empressent de monter sur les toits des wagons, se mettent aussi à l’aise que possible, et y restent jusqu’à la fin du contrôle.
Du haut de leur "refuge", ils sont sûrs de ne pas être contrôlés car les vérificateurs de la société qui exploite le train ne montent pas sur les toits des wagons. Mais, si ce jeu de cache-cache avec les contrôleurs leur permet de voyager sans bourse délier, ils s’exposent à quelque chose de beaucoup plus douloureux que l’humiliation que constitue le fait d’être pris par un contrôleur : la mort. L’activité est d’autant plus risquée sur le long trajet entre Dakar et Bamako, car ces voyageurs clandestins se retrouvent au moins quatre fois dans l’obligation de jouer à ce jeu dangereux. Il y a parfois des blessés graves et des morts. Quand on tombe, c’est la mort presque assurée. Ceux qui s’en sortent avec un membre sectionné disent ouf pour l’avoir échappé bel. Les resquilleurs peuvent aussi arrêter la rame à tout moment. Il leur suffit seulement de couper les boyaux (sortes de tuyaux joints deux à deux entre les wagons), et le tour est joué.
Toutefois, si on peut dire sans risque de se tromper que ces voyageurs particuliers agissent de la sorte pour ne pas mettre la main à la poche, on ne sait pas vraiment quel est l’objet de leurs déplacements. Certains d’entre eux font de l’import-export à petite échelle. Par exemple, ils achètent des noix de cola au Mali pour la vendre au Sénégal et au retour rentrer avec du sel qu’ils revendront. Mais pour d’autres, l’activité est beaucoup plus floue. Tout ce que l'on a pu me dire, c'est qu'ils voyagent presque chaque semaine et n’ont pratiquement pas de bagages par devers eux. On les voit seulement déambuler entre les wagons. Pour les habitués du train, ils ne sont ni plus ni moins que des convoyeurs de marchandises illicites. D'ailleurs, il n'est, semble t-il, pas rare de voir la police en cueillir quelques uns lors de certaines escales.
Abdoulaye Sinkaré
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