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VRS de Peycouck : Exit la lèpre, à quand la réintégration ?
Lundi 08/02/2010 | Posté par Abdoulaye Sinkaré
Peycouck est une ancienne léproserie située à cinq kilomètres de Thiès. C’est le plus grand Village de Reclassement Social (VRS) du Sénégal. Beaucoup d’avancées sont aujourd’hui faites dans le traitement de la lèpre.
Peycouck est une ancienne léproserie située à cinq kilomètres de Thiès. C’est le plus grand Village de Reclassement Social (VRS) du Sénégal. Beaucoup d’avancées sont aujourd’hui faites dans le traitement de la lèpre. Les habitants veulent que leur localité soit considérée comme un village normal. Cette doléance est beaucoup revenue lors de la célébration de la journée internationale de la lèpre.
«Quand j’ai été atteint par la maladie il ya quarante ans, ma famille m’a abandonné et mon oncle me frappait même sous prétexte que j’avais la lèpre». Ce témoignage de Ndiogou Diop (65ans), qui est arrivé au village de reclassement social de Peycouck à l’âge de 25 ans, n’est qu’un cas parmi tant d’autres qui montrent ce qu’était la vie des lépreux aux temps où la maladie constituait un problème de santé publique. Dès que les signes de la maladie étaient diagnostiqués chez un patient, on le transférait d’office dans un VRS coupé du reste de la société et de toute activité. C’est ce qui explique, que beaucoup d’anciens malades comme Ndiogou Diop ne connaissent même plus leur famille d’origine. Tout le contraire de Ousmane Ndiaye, un autre sexagénaire : «je viens de Louga, mes parents me demandent de rentrer mais je ne peux pas, je préfère rester ici et cultiver mon jardin, c’est mieux que d’aller tout recommencer là-bas». Lui, il a son champ maraicher qu’il cultive avec l’aide de ses petits enfants. Le maraichage est l’activité phare de la localité. Même si elle connait aujourd’hui des problèmes liés au manque d’eau, à la rareté des terres cultivables, etc.
Le VRS de Peycouck a beaucoup changé aujourd’hui. Il n’est plus ce hameau où vivent des lépreux à la périphérie de Thiès et qui se battent contre cette maladie qui leur donne une image de damnés. C’est un village où les gens manifestent une envie de vivre et qui essaie de s’affirmer comme un village à part entière et non entièrement à part. La stigmatisation dont les habitants du village faisaient l’objet a diminué. Mais l’Etat doit participer à son éradication, et cela passe inévitablement par la réintégration du village, pour ne pas dire réinsertion. La réintégration, c’est l’abrogation de la loi 73-03 du 25 Mars 1976 régissant les villages de reclassement social. C’est du reste ce que réclament toutes les anciennes léproseries du Sénégal.
C’est une condition sine qua none, pour promouvoir le développement dans ces localités qui sont aujourd’hui au nombre de onze dans le pays.
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Par MG