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Young Jung Choi dit ses vérités
Jeudi 03/03/2011 | Posté par Papa Keita
Depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, le pays s’enlise davantage dans la crise. Et la reprise de la violence entre les partisans du président démocratiquement élu, Alassane Dramane Ouattara et ceux de Laurent Gbagbo inquiète. Dans cet entretien qu’il nous accorde, Choi, le mal aimé du camp Gbagbo, de passage à Dakar dit ses vérités. Selon lui, Gbagbo doit respecter la volonté populaire
Les soldats de l’Onu ont été pris pour cible depuis quelque temps par les proches de Laurent Gbagbo. Qu’est-ce qui s’est effectivement passé ?
Nous étions dans notre patrouille et nous avons reçu des tirs directs des militaires appartenant à Laurent Gbagbo, et nous avons riposté. Certes, il y avait de la modération depuis quelque temps dans le camp de Gbagbo car ils nous ont tiré dessus deux ou trois fois dans le passé, mais cette fois, c’est exceptionnel. A Abobo (Ndlr : Commune située dans Abidjan nord), trois casques bleus ont reçu des balles. Heureusement qu’ils portaient des casques, sinon ils seraient tués sur le champ. C’est une attaque sérieuse et nous avons mis en garde le camp du Président sortant. Parce que c’est un crime de guerre que de s’attaquer aux Casques bleus.
On est passé du harcèlement à l’agression. Est-ce que les relations entre le camp Gbagbo et l’Onuci ne sont pas en train de se détériorer de plus en plus ?
Le blocage de notre mouvement de liberté, la propagande et les paroles proférées par le camp Gbagbo font partie du harcèlement. De même que l’incendie de nos voitures et les saccages de maisons pour voler les biens qui y sont. Il y a une évolution du harcèlement qui était modéré à l’acte d’hostilité directe extrême. Je me demande s’il ne s’agit pas d’une perte de contrôle de sa part.
Quel est votre commentaire sur la situation actuelle du pays, surtout à Abobo et dans l’ouest ?
Elle est extrêmement grave. Surtout à Abobo, où nous avons constaté des corps sans vie, abandonnés. Cela peut provoquer une épidémie. A Abobo comme à l’ouest, nous avons des cas humanitaires. Nous prenons cela au sérieux.
Redoutez-vous une reprise de la guerre civile ?
Tout ce que je peux dire, c’est que pour la première fois depuis 2004, il y avait accrochage direct entre les deux armées (Ndlr : Forces Nouvelles et Forces de défense et de sécurité) dans l’ouest du pays; c’est un signe très grave. On ne craint rien, mais on se prépare pour le pire. Néanmoins, on espère le mieux pour la Côte-d’Ivoire.
Récemment, le panel des chefs d’Etat africains s’est rendu en Côte-d’Ivoire. Qu’attendez-vous de cette médiation ?
J’ai eu l’occasion de faire un briefing pour les chefs d’Etat mandatés par l’Union africaine, mais mon intervention était seulement axée sur les élections. Ils disent qu’ils vont revenir en Côte-d’Ivoire avec une solution. Nous attendons avec beaucoup d’espoir les conclusions du panel. Notre rôle c’est d’appuyer le panel et tous les experts qui se rendent en Côte-d’Ivoire.
Cela fait plus de deux mois que Laurent Gbagbo refuse de quitter le pouvoir. Est-ce que l’Onu a encore les moyens de le contraindre à céder le fauteuil à Ouattara ?
Notre rôle, ce n’est pas de faire quitter Gbagbo. Nous sommes sur place pour le peuple ivoirien. C’est-à-dire la protection des civils, la protection de l’hôtel du Golfe et la certification des résultats des élections. A part cela, nous sommes impartiaux sur le plan militaire et politique.
L’asphyxie financière a été activée pour le contraire à lâcher le pouvoir. Est-ce qu’elle porte ses fruits ?
Les experts en finance peuvent répondre à cette question, mais ce qu’on constate sur le terrain, c’est que Gbagbo a des difficultés tangibles. On peut le sentir. Il a de réelles difficultés pour mobiliser des ressources. Ensuite, il a perdu le contrôle des banques.
Quel est votre message au camp Gbagbo, après tout ce qui s’est passé ?
Le message que je lui délivre, c’est deux choses : premièrement, qu’il respecte la volonté populaire. Et deuxièmement, qu’il retienne ses troupes pour ne pas perdre le contrôle de la modération.
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Par Anonyme